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    Mille petits riens«Je me représente le monde comme un puzzle géant… Que se passerait-il si on avait une forme qui ne rentre pas dedans ? Et si le seul moyen de survivre consistait à s’automutiler, à arrondir ses contours, poncer ses angles, se transformer en profondeur afin de pouvoir s’emboîter dans les autres pièces ?» *****

    Ces propos sont ceux de Ruth Jefferson, infirmière dans le service maternité d’un hôpital. Elle est appréciée de tous et élève seule son fils depuis la mort de son mari en Afghanistan. Un seul bémol : Ruth est noire. Et même dans l’Amérique d’Obama, rien n’a vraiment changé pour les personnes de couleur et il suffit parfois d’une rencontre pour qu’une vie bien rangée se transforme en cauchemar. Lorsque le chemin de Ruth croise celui d’un couple de suprémacistes blancs sur le point de devenir parents, elle est loin de se douter de ce qui l’attend et de la situation cornélienne à laquelle elle va être confrontée…

    «Mille petits riens»  («Small Great Things») est un roman qui doit son titre à une citation de Martin Luther King («Si vous ne pouvez pas faire de grandes choses, faites de petites choses de manière grandiose»). Il s’agit d’une lecture fluide, empreinte d’humanité, et qui a le mérite d’aborder la question raciale aux Etats-Unis de manière fine et nuancée. La narration est assurée par Ruth, par Turk (le père du bébé) et par l’avocate de la défense, alternance qui rend la lecture prenante  –en particulier le procès– et donne un éclairage intéressant sur les différents points de vue. L’un des mérites de ce livre est notamment d’amener une réflexion sur le racisme passif, celui qui, loin des outrances des racistes actifs qui crachent leur haine, mine presque autant tout un pan de la communauté américaine. La postface du livre est particulièrement intéressante quant au cheminement de l’auteure dans sa décision d’écrire sur ce sujet qui la touchait.

    Une lecture à la fois grave par le sujet et plaisante par sa fluidité et que je vous recommande.

     


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  • Je ne vais évidemment pas rédiger de chronique élogieuse puisqu’il s’agit de mon propre roman ☺️ Vous trouverez ci-dessous les avis des premiers  lecteurs de «Ce qu’il restera de nous», en espérant qu’ils vous donneront envie de le découvrir :

    «Quel beau, intense et émouvant moment de lecture je viens de passer avec ce magnifique premier roman ! Le style est impeccable sans être lourd et guindé. Les sentiments décrits le sont avec énormément d'acuité, de justesse et de finesse. Les personnages en sont d'autant plus attachants... Clémence, Margaux, Philippe et surtout Tom vont, j'en suis certain, rester un moment dans mon esprit et mes pensées. Même Mathieu m'a interpellé (ému serait exagéré vu le personnage...)Les thèmes abordés sont graves et l'auteur les sonde sans concession afin que le lecteur puisse y réfléchir, s'interroger, se remettre en question... Les différentes voix narratives, gérées d'ailleurs avec brio, nous permettent également de les appréhender selon des points de vue divers et contrastés. Enfin, les nombreuses références littéraires, musicales et culturelles témoignent de la passion que l'auteur porte aux mots et permet au lecteur de prolonger sa lecture.  Gageons que Pascale Joye n'en restera pas là et que nous pourrons la lire à nouveau très bientôt.... Mais en attendant, n'hésitez pas à vous ruer sur ce premier et excellent roman !!! » (jfpondant, Amazon)

    « Un magnifique premier roman, avec un style remarquable, où les mots sont choisis avec soin. Les références littéraires et musicales contribuent à créer un univers dans lequel on entre avec bonheur et dans lequel on peut rester quelques temps encore après la fin de la lecture, en se plongeant dans la playlist de l'auteure. N'hésitez pas et découvrez ce livre sans attendre ... » (philippecounson, Babelio)

    « Un premier livre ? C'est à en douter, tant le style est remarquable, la syntaxe parfaite et les tournures de phrase millimétrées. Voilà pour le côté objectif. Ce n'est pas le plus important, j'aime la part subjective dans mes lectures. Et j'ai aimé cette sensation d'effectuer un plongeon dans le temps, les mots sont si bien choisis que je me suis parfois projeté dans le roman. Cette impression d'avoir partagé une aventure, j'en redemande. Je recommande ce livre où il est possible de passer de la gravité à la tristesse, du sourire au rire, où tout un univers d'émotions contradictoires s'offre à nous. Et, cerise sur le gâteau, la musique est présente tout au long du livre. Je ne dirai pas le premier mot qui m'est venu à l'esprit après avoir tourné la dernière page, seuls les liégeois le comprendraient, je me contenterai d'un banal mais chaleureux bravo. » (bdechamps, Babelio)

    « J'ai dégusté ce roman avec délectation. Un style d'écriture que j'ai trouvé parfait, travaillé comme un bijou. Quelle imagination, quelle belle histoire qui nous oblige aussi par moment à nous retourner sur notre passé. Sa structure est superbe et pari réussi avec brio de nous tenir en haleine alors que la fin nous apparaît dès le début. Vivement l'édition papier que j'ai envie d'offrir à des amis pour leur faire découvrir ce premier roman et leur faire partager le plaisir que j'ai ressenti en le lisant. A quand le suivant ? » (clairemonti, Amazon)

    « Bonsoir je voudrais partager avec vous un coup de cœur. Je suis une ogresse, je dévore les livres, les avale, parfois je les gobe, je lis de tout même si j'ai des préférences évidemment mais celui-ci est un dessert de chef étoilé, de la fine gastronomie, on le déguste, on le savoure. Ce roman m'a touchée par la finesse des sentiments décrits et je me suis laissée porter par l'histoire oubliant le prologue, respirant avec Clémence car nous avons tous vécu des accidents de la vie et même si les mots employés ne sont pas les vôtres, ceux de l'auteure sont tellement justes qu'ils deviendront les vôtres. Très belle lecture à tous. » (kattykine, Babelio)

    « Beau premier roman ! L'auteure prend le temps d'installer ses personnages avant de nous amener... où l'on ne s'attend pas... Écriture très agréable, de belles références littéraires, scientifiques et musicales. le style de l'auteure s'affirme au fil des pages pour notre plus grand plaisir. Les personnages sont riches et nuancés.... on ne peut que s'y attacher ! Résultat : on lit le livre d'une traite ! » (lodresse, Babelio)

    « Immense coup de coeur pour "Ce qu'il restera de nous" de Pascale Joye. Ce délicieux roman intimiste est servi par la plume élégante et talentueuse à laquelle Pascale nous a habitués dans ses chroniques littéraires (Pascale Bookine). Dès les premières lignes, on se laisse emporter par le récit profondément touchant et brillamment illustré de nombreuses références littéraires et musicales, pour ne s'en détacher, bouleversé, qu'une fois la dernière page tournée! Un très beau premier roman à découvrir absolument! » (laurcou, Amazon)

     

     

     

     

     

     


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  • M, le bord de l'abîmeBlack mirror ****

    Grande fan de Bernard Minier et des aventures de Martin Servaz, j’appréhendais un peu ce nouveau roman, annoncé comme complètement différent et centré sur les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle… soit précisément tout ce à quoi mon esprit littéraire est plutôt fermé. Je me suis pourtant une nouvelle fois laissé embarquer dans un récit prenant qui donne froid dans le dos et qui démontre en outre l’inventivité de l’auteur et sa capacité à se renouveler.

    L’histoire en quelques mots… Moïra Chevalier, jeune femme brillante employée dans les nouvelles technologies, s’expatrie à Hong Kong, où elle a été engagée par la société Ming pour travailler sur le projet DEUS, un logiciel d’intelligence artificielle auquel elle est censée apporter des améliorations plus «humaines». Elle pénètre ainsi dans un monde où tout est contrôlé, informatisé, par un géant dont les intentions sont loin d’être louables…

    Mais dans cet univers 2.0, il n’y a plus grand-chose d’humain et le lecteur a très vite l’impression de plonger dans un abîme vertigineux. L’atmosphère est lourde et oppressante, très bien décrite comme toujours chez Bernard Minier, et le devient encore plus lorsque la police établit un lien entre des meurtres sordides : des jeunes femmes assassinées après une longue séance de torture (âmes sensibles s’abstenir…), qui ont toutes eu un lien étroit avec la société Ming.

    L’intérêt de ce roman est double: d’une part l’intrigue classique du serial killer (un «whodunnit» qui tient en haleine avec plusieurs fausses pistes) et d’autre part  –et c’est ce que l’on retiendra, je pense–  une mise en garde contre l’évolution technologique de notre société et la déshumanisation qui l'accompagne et que nous refusons naïvement de reconnaître. La bibliographie en fin d’ouvrage est d’autant plus impressionnante qu’elle nous démontre que ce cauchemar n’est pas sorti de l’imagination pourtant très glauque de Bernard Minier mais qu’il est basé sur une solide documentation. Si l’on peut lire avec une certaine distance l’histoire fictive d’un tueur en série, il n’en va pas de même pour le contexte de ce roman, qui nous offre un miroir angoissant d’une évolution que nous ne contrôlons plus.

     

    Je remercie les éditions XO et Bernard Minier pour l’envoi de ce roman en échange d’une critique honnête.


     

     


     

     


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  • Tout ce que nous allons savoirParution: 3 avril 2019  ***

    Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Albin Michel de m’avoir permis de découvrir ce roman dans le cadre de «Masse critique». 

    « Tout ce que nous allons savoir » commence par un chapitre intitulé « Douzième semaine » : la narratrice, Melody, est enceinte et le roman va se construire au fil de sa grossesse. Cette dernière a cependant plusieurs particularités, puisque d’une part, Melody est trentenaire et que le père de son enfant est un jeune homme de dix-sept ans, et que d’autre part, elle commence son récit de manière à tout le moins interpellante : « Je me serais tuée depuis longtemps si j’en avais eu le courage. Je ne crois pas que le bébé souffrirait. Son petit cœur arrêterait de battre avec le mien. Il ne se sentirait pas quitter un monde de ténèbres pour un autre, lorsque son esprit se désenlacerait de moi. »

    Melody revient alors sur les démons qui la torturent, dans un récit sombre et introspectif : son couple qui vient de voler en éclats et le processus destructeur dans lequel ils étaient engagés, et aussi son amie d’enfance, Breedie, qu’elle a trahie de manière impardonnable. Jusqu’à ce qu’elle retourne au campement des gens du voyage  –dont provient le père de son enfant– et y rencontre une jeune femme laissée pour compte, Mary Crothery…

    Je suis un peu partagée quant à ce roman, d’où les trois étoiles. D’une part, il faut souligner une grande qualité d’écriture et un incontestable talent de la part de l’auteur mais d’autre part, je dois reconnaître que je n’ai pas été captivée par l’histoire. Le personnage de Melody n’est guère attachant et par ailleurs, j’ai lu ce roman de manière très morcelée, ce qui m’a peut-être empêchée de m’y immerger comme il l’aurait mérité.

    Que ceci ne vous dissuade surtout pas de le lire, la plupart des critiques de la version originale sont excellentes et c’est probablement moi qui ne lui rends pas justice.

     


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  • J'ai dû rêver trop fort"Les plus belles histoires d'amour ne meurent jamais. 
    Elles continuent de vivre dans nos souvenirs et les coïncidences cruelles que notre esprit invente." ***

    Nathalie est une hôtesse de l’air de cinquante-trois ans, mariée et mère de famille, et mène une existence en apparence calme et rangée. Il y a vingt ans, Nathalie a vécu une histoire d’amour qui ne l’a pas laissée indemne : une relation passionnée, entre Montréal, San Diego, Barcelone et Jakarta, avec un jeune guitariste, Ylian. Mais ils ont eu beau faire le serment de ne jamais se revoir, le hasard semble jouer un tour cruel à Nathalie : même enchaînement de destinations, même équipe dans l’avion, les coïncidences n’en finissent pas de s’accumuler, comme si 2019 venait soudain de se fondre avec 1999. Et bien sûr, Nathalie n’a pas oublié Ylian ; quand bien même elle l’aurait voulu, cela aurait été impossible, le lecteur comprendra pourquoi…

    Depuis la découverte de «Un avion sans elle», j’ai lu pratiquement tous les romans de Michel Bussi et je me réjouis toujours de la sortie de l’un d’entre eux. Je ressors cette fois de ma lecture avec un sentiment un peu mitigé et vais tâcher d’expliquer pourquoi.

    Les points positifs tout d’abord : l’auteur a une imagination sans faille, de solides connaissances géographiques, et il nous offre une fois de plus une histoire originale, en partie histoire d’amour et en partie thriller machiavélique. Les pages se tournent très vite, on a envie d’en savoir plus et Michel Bussi parvient à offrir une explication cohérente sans avoir recours à un deus ex machina surnaturel. Quelques références musicales et cinématographiques de qualité («La vie est belle», «Sur la route de Madison») viennent en outre agrémenter l’ensemble.

    Ce que j’ai moins apprécié ? D’une part, l’inégalité du style (certains passages sont très bien écrits, d’autres le sont par contre nettement moins, avec un peu trop d’emphase et de points d’exclamation à mon goût) et d’autre part, certaines invraisemblances qui rendent l’ensemble peu crédible et parfois un peu caricatural.

    J’ai gardé un meilleur souvenir des «Nymphéas noirs» et de «Un avion sans elle» mais il ne s’agit peut-être que d’une récidive de mon syndrome  «Joël Dicker» (dont j’ai adoré Québert et détesté Stéphanie Mailer). Mais c’est peut-être moi qui deviens la Tatie Danielle des blogueuses littéraires et je suis certaine que le nouveau Bussi plaira à un grand nombre. A vous de vous forger votre propre opinion… J 

     


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