• Summer

    Summer

    "Des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau..."   *****

    Sélection Goncourt 2017

    « Je suis la preuve vivante que l’on peut vivre sans les êtres que nous aimons le plus, ceux-là même qui rassemblaient les milliers de fragments qui nous constituent. Ces êtres que l’on est terrifié de perdre, parce qu’ils nous donnent la sensation d’être réels, ou du moins un peu moins étrangers au monde, et puis, quand nous les avons perdus, nous n’y pensons plus. »

    Il y a vingt-quatre ans, la sœur aînée de Benjamin Wassner a disparu. L’été de ses 19 ans, la lumineuse, bien nommée Summer s’est volatilisée sans laisser de traces, lors d’un pique-nique au bord du lac Léman. Aux prises avec un souvenir qui ne veut pas le lâcher et l’empêche de vivre, Benjamin se rend chez le psy, pour tenter de faire face à ce qui pourrit en lui depuis de si longues années. En toiles de fond, le lac, omniprésent, presque un personnage à part entière, le motif récurrent de l’eau, la famille riche en argent et en non-dits, et surtout la présence fantomatique de Summer, qui ne cesse de hanter l’esprit perturbé de son jeune frère. Benjamin, le mal aimé, à la souffrance si tangible, ce vilain petit canard à qui il arrive de penser que c’est lui qui aurait dû disparaître.

    Malgré le point de départ du roman  -une disparition non élucidée-, « Summer » n’est pas un roman policier et encore moins un thriller. Plutôt une amplification poétique sur les thèmes de la douleur et de la perte (« Où sont les êtres que l’on a perdus ? Peut-être vivent-ils dans les limbes, ou à l’intérieur de nous. Ils continuent de se mouvoir à l’intérieur de nos corps, ils inspirent l’air que nous inspirons. Toutes les couches de leur passé sont là, des tuiles posées les unes sur les autres, et leur avenir est là aussi, enroulé sur lui-même, rose et doux comme l’oreille d’un nouveau-né. »), de l’indifférence du monde aussi (« J’ai compris que des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau. Ou alors se décomposer dans un bois, sous des pelletées de terre jetées à la hâte, se métamorphoser avec les saisons, la pluie, les vers, en un tas d’ossements, nets et blancs, juste sous les pieds des promeneurs, sans que la marche du monde en soit ébranlée. »).

    Une écriture magnifique au service d'un roman empreint de poésie mélancolique et une bien jolie découverte de cette rentrée littéraire.

     

     


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