• L'Accusé du Ross-shire

    Finaliste du Booker Prize 2016

    Parution en français: 5 octobre 2017

     

    Ceci n'est pas un thriller (mais ce n'est que mon avis et je le partage wink2) ***

    «His Bloody Project» («L’Accusé du Ross-shire») m’a attirée par sa qualité de finaliste au Booker Prize et par les nombreux éloges dont il faisait l’objet : présenté comme un «formidable puzzle romanesque » et un «thriller hors norme», mélangeant drame judiciaire et contexte historique, il avait a priori tout pour me plaire. Au risque d’aller à contre-courant de la majorité des avis (ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière smile), je dois reconnaître que j’ai terminé cette lecture avec un avis mitigé et un léger sentiment de déception.

    Les recherches généalogiques de l’auteur sont à l’origine du roman : en effet, Graeme Macrae Burnet y trouve trace d’un certain Roderick Macrae, jeune homme de dix-sept ans accusé en 1869 d’un triple meurtre particulièrement barbare dans un petit village des Highlands. Le roman est basé sur le récit de Roderick, présenté en alternance avec des témoignages, des rapports médicaux, des articles de presse, des extraits de son procès, le tout offrant au lecteur une vision des événements tragiques l’ayant mené devant ses juges.

    D’un point de vue historique et littéraire, le roman est effectivement une œuvre de qualité : bien écrit, parfaitement documenté, il nous plonge avec réalisme dans la vie d’une petite communauté écossaise du 19ème siècle : les difficultés quotidiennes, l’exercice (arbitraire) du pouvoir, le fonctionnement de la justice. Il nous offre également une perspective et une réflexion intéressantes sur la question de la responsabilité de ses actes et de la difficulté à la déterminer.

    Ma déception est donc plutôt celle d’une amatrice de romans policiers et d’énigmes, dans la mesure où j’ai attendu vainement ces moments délicieux où l’on se fait surprendre. Ceci est peut-être dû à la contrainte historique, l’auteur étant sans doute limité dans sa liberté littéraire par des faits auxquels il souhaitait se tenir. En outre, la succession des points de vue génère par moments des répétitions un peu fastidieuses (le point positif étant que cela permet de rappeler l’ensemble des données) et l’attribution du récit au narrateur, Roderick, m’a paru peu plausible : est-il réellement concevable de trouver une telle qualité d’écriture et d’analyse chez un jeune homme pour le reste si peu adapté à la vie sociale ? 

    Sans être un mauvais roman, loin de là, «L’Accusé du Ross-shire» n’a donc pas été, à mon sens, à la hauteur des éloges que j’avais pu lire  -en particulier, ses qualificatifs de «truly ingenious thriller» ou «mesmerising literary thriller», qui sont sans doute en partie à l’origine de ma déception. Je pense qu’il plaira davantage aux amateurs de romans historiques  -de ce point de vue, il remplit parfaitement le contrat-  qu’aux lecteurs en quête de mystère et de thrillers, car c’est là selon moi que le bât blesse. A vous de juger smile


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