• M, le bord de l'abîme

    M, le bord de l'abîmeBlack mirror ****

    Grande fan de Bernard Minier et des aventures de Martin Servaz, j’appréhendais un peu ce nouveau roman, annoncé comme complètement différent et centré sur les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle… soit précisément tout ce à quoi mon esprit littéraire est plutôt fermé. Je me suis pourtant une nouvelle fois laissé embarquer dans un récit prenant qui donne froid dans le dos et qui démontre en outre l’inventivité de l’auteur et sa capacité à se renouveler.

    L’histoire en quelques mots… Moïra Chevalier, jeune femme brillante employée dans les nouvelles technologies, s’expatrie à Hong Kong, où elle a été engagée par la société Ming pour travailler sur le projet DEUS, un logiciel d’intelligence artificielle auquel elle est censée apporter des améliorations plus «humaines». Elle pénètre ainsi dans un monde où tout est contrôlé, informatisé, par un géant dont les intentions sont loin d’être louables…

    Mais dans cet univers 2.0, il n’y a plus grand-chose d’humain et le lecteur a très vite l’impression de plonger dans un abîme vertigineux. L’atmosphère est lourde et oppressante, très bien décrite comme toujours chez Bernard Minier, et le devient encore plus lorsque la police établit un lien entre des meurtres sordides : des jeunes femmes assassinées après une longue séance de torture (âmes sensibles s’abstenir…), qui ont toutes eu un lien étroit avec la société Ming.

    L’intérêt de ce roman est double: d’une part l’intrigue classique du serial killer (un «whodunnit» qui tient en haleine avec plusieurs fausses pistes) et d’autre part  –et c’est ce que l’on retiendra, je pense–  une mise en garde contre l’évolution technologique de notre société et la déshumanisation qui l'accompagne et que nous refusons naïvement de reconnaître. La bibliographie en fin d’ouvrage est d’autant plus impressionnante qu’elle nous démontre que ce cauchemar n’est pas sorti de l’imagination pourtant très glauque de Bernard Minier mais qu’il est basé sur une solide documentation. Si l’on peut lire avec une certaine distance l’histoire fictive d’un tueur en série, il n’en va pas de même pour le contexte de ce roman, qui nous offre un miroir angoissant d’une évolution que nous ne contrôlons plus.

     

    Je remercie les éditions XO et Bernard Minier pour l’envoi de ce roman en échange d’une critique honnête.


     

     


     

     


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