• Les jours fragiles

    Les jours fragilesLes derniers jours du poète *****

    Il fallait allier sensibilité et talent littéraire pour oser consacrer un roman à l’immense Arthur Rimbaud et Philippe Besson ne pouvait dès lors faillir à la tâche.

    Il a choisi pour ce faire le parti-pris d’une période  -la fin de vie du jeune poète-  et d’une narratrice, Isabelle, sa sœur, aimante et dévouée jusqu’à l’atroce départ. A travers le récit d’Isabelle, le lecteur découvre le jeune homme scandaleux, la famille déchirée, la mère tellement froide qui même dans l’agonie ne lui pardonne pas ses errances, les souffrances physiques et psychologiques de l’homme amputé qui revient dans les Ardennes pour y mourir après avoir passé sa vie à les fuir. Isabelle la catholique restera fidèle jusqu’au bout, malgré les confidences parfois volontairement choquantes d’Arthur, parce que « on ne tourne pas le dos à un mourant » et tiendra un journal, pour « conserver la trace de ce qu’il fut, au moment de quitter ce monde ».

    Les admirateurs de Philippe Besson retrouveront dans ce court récit son empreinte, un langage soigné et une sensibilité à fleur de peau, au service de l’un des plus grands poètes de la littérature française. Il lui rend hommage avec une grande sobriété qui n’empêche pas l’émotion : malgré l’absence de fioritures, le lecteur perçoit sans mal les fulgurances du jeune poète mort à 37 ans seulement, ses souffrances, son besoin d’immensité, lui qui était « fait pour les grands espaces, pour les chevauchées » et qui, par une cruelle ironie du sort, se retrouvera immobilisé par la maladie.

    Une seule envie en refermant ce roman : se (re)plonger dans la poésie de Rimbaud, à la lumière de ces fragments de vie racontés dans « Les jours fragiles ». Une vie courte mais intense, ainsi évoquée par Isabelle:  «Il allait, crotté et misérable, ses poches étaient crevées mais il se prétendait le plus riche des hommes. Il allait, insouciant et léger, au hasard, il cherchait l’extase dans la fugue et, dans le même temps, portait des deuils écrasants, éblouissants. Il allait, guidé par des fulgurances, où nul autre n’était allé avant lui, et il flottait au-dessus des abîmes. Les mots lui venaient sans qu’il les commande <…> Que reste-t-il de tout cela ? Des cendres froides. »

     

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