• Dis-moi que tu mens

    Dis-moi que tu mensUne saison en enfer ****

    Les admirateurs de Patricia Highsmith ou Ruth Rendell seront sans doute ravis de découvrir ce suspense psychologique de Sabine Durrant. « Dis-moi que tu mens » (« Lie with me ») est en effet d’un roman au rythme relativement lent, axé sur la psychologie des personnages et non sur l’action pure, et qui nous mène lentement mais sûrement vers un dénouement inattendu, après un voyage agréable au pays de la manipulation et des faux-semblants.

    Le narrateur est un écrivain, Paul Morris, dont la vie actuelle repose sur des mensonges soigneusement élaborés. Alors qu’il n’a plus rien écrit de valable depuis longtemps et est sans le sou, son univers est une façade de succès et de relations mondaines. Cynique, menteur, dragueur, égocentrique, il n’a guère d’atouts pour plaire au lecteur, son comportement et ses pensées étant plus d’une fois des atteintes au bon goût  -particulièrement dans ses rapports avec la gent féminine. Les lectrices un tant soit peu romantiques risquent hélas d'y laisser quelques illusions et de devenir un peu plus méfiantes dans leurs relations futures, le paiement de la note de restaurant pouvant s'assimiler, de l'aveu même du triste sire, à un "investissement"... aww 

    La rencontre de Paul avec un ancien camarade, Andrew, et une invitation chez ce dernier mettront sur sa route Alice, une veuve mère de trois enfants, dont le pouvoir de séduction aux yeux de Paul est étroitement lié à sa situation financière confortable. Le récit emmène ensuite nos (anti-)héros en vacances en Grèce, dans la maison d’Alice... là où ils étaient tous il y a dix ans lors la disparition de la jeune Jasmine, jamais élucidée depuis lors, mais surtout là où commencera pour Paul une saison en enfer.

    Ce roman est très plaisant par l’impression de manipulation omniprésente qu’il dégage, celle-ci s’étendant jusqu’au lecteur qui verra évoluer ses sentiments envers les différents personnages. Rien n’est vraiment comme on le pense, les ressentis et les réactions sont terriblement humains  -et manquent donc souvent de noblesse-  et les vérités passées et présentes se dévoilent peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblant avec ingéniosité. Un bon roman psychologique et une lecture parfaite pour l’été, à l’ombre des oliviers grecs... 


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