• Ce qui se dit la nuit

    Ce qui se dit la nuit"Ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour" ****

    J’ai découvert le premier roman d’Elsa Roch, « Ce qui se dit la nuit », au hasard du fil d’actualité d’un groupe de lecture et j’ai été très agréablement surprise par ce roman policier d’atmosphère qui nous emmène, au gré d’une plume très séduisante, dans les sombres secrets d’un petit village français.

    Alors que le commissaire Amaury Marsac vient tenter de se ressourcer sur les lieux de son enfance et de ses amours perdues avec la belle Elsa, un terrible drame secoue le village : une dame âgée, Marianne Touret, est retrouvée égorgée, tondue, un morceau de tissu cousu à l’emplacement du cœur. Amaury se sent émotionnellement impliqué par la mort de cette personne qui a compté pour lui et s’investit dans l’enquête contre l’avis de l’enquêteur local, mettant à nu non-dits et sentiments inavoués.

    L’histoire est assez simple voire ordinaire et pourtant, le lecteur se laisse emporter par ce récit villageois où chacun semble avoir l’un ou l’autre secret. Elsa Roch a réussi à créer une atmosphère glauque, entre brumes opaques et vieilles superstitions, qui donne un cachet particulier à la narration. Le prologue nous emmène sans ménagement dans la tête d’une petite fille de cinq ans, détenue dans le block des enfants d’un camp de concentration, plantant ainsi dès les premières pages une sordide toile de fond, avant de nous laisser entrer dans l’histoire en elle-même. Chaque chapitre est précédé d’une courte phrase qui s’y retrouvera plus tard et le récit est émaillé de citations de Philippe Léotard qui contribuent à l’ambiance particulière de l’ensemble (« Si je me suis trompé en disant : je t’aime, je préfère avoir dit : je t’aime. On ne me fera pas envier celui qui a eu raison sans aimer. »).

    Les personnages sont attachants par leur fragilité et leur humanité, en proie à leurs démons ou réminiscences douloureuses : une sœur disparue, une enfance martyrisée, des êtres écorchés par une vie professionnelle  au contact permanent des noirceurs de l’âme.

    Enfin, j’ai beaucoup aimé l’écriture d’Elsa Roch, étonnamment aboutie pour un premier roman : le soleil se couche « en un lugubre écroulement de nuages sanglants », la Creuse « scintillait de mille feux, magnifique, indifférente, gloutonne. Ses enfants perdus, elle les avalait sans un mot sans un regard sans un cillement » ou encore « On est toujours seul face à la mort, mais, parfois, cette solitude résonnait comme une stridence infinie. »

     

    Un beau roman d’atmosphère et une belle découverte qui laisse espérer une suite aux enquêtes du commissaire Marsac.


  • Commentaires

    1
    Roz
    Lundi 22 Mai à 18:10
    Je ne connais pas cet auteur et vous me donnez clairement envie de le découvrir​, merci
      • Mardi 23 Mai à 19:05

        Merci pour ce retour ;-) Ce livre et cet auteur ont été une belle découverte pour moi et j'avais envie de la partager ;-) 

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